Le Comité européen anti-torture exige d'instaurer rapidement un service minimum en prison


Le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants du Conseil de l'Europe (CPT) a condamné la Belgique, ce 13 juillet 2017, dans une déclaration publique.

Une telle remontrance est exceptionnelle : "au cours de ses multiples visites dans les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe ces 27 dernières années, le Comité n’a jamais observé de phénomène analogue, tant au niveau de la portée du phénomène en question que des risques encourus".

Lors de grèves au sein d’une prison, les détenus risquent de subir un traitement inhumain ou dégradant. Leur santé et leur vie sont en danger et la sécurité des établissements n’est pas garantie. Dans son rapport, le CPT appelle le gouvernement belge et les partenaires sociaux à instaurer rapidement un service minimum. Une attention particulière doit être accordée aux personnes internées qui subissent déjà, en temps normal, des conditions de détention indignes de leur état.  

Dans son rapport annuel 2015 et son rapport annuel 2016, le Médiateur fédéral a attiré l’attention sur les situations intolérables relevées en temps de grève. L’hygiène et l’accès aux soins médicaux était insuffisant. Les détenus avaient faim et restaient confinés 24 heures sur 24 en cellule, sans préau. Ils ne pouvaient plus non plus entretenir de contact avec le monde extérieur par téléphone, ni recevoir la visite de leur avocat ou d’un membre de leur famille.

Malgré l’engagement des autorités à trouver rapidement une solution, aucune mesure concrète n’a encore pu voir le jour et ce, un an après la grande grève d’avril à juin 2016 où la situation avait atteint son paroxysme.

Le Médiateur fédéral soutient l’appel urgent du CPT, dans l’intérêt de la dignité humaine et de la sécurité des détenus et du personnel.

 

publié le: 14/07/2017